L'Adieu

Le vent emporta le dernier souffle d’air
Où se trouvait son délicieux parfum,
La distance effaça la partie de la terre
Où circulait, élégamment son corps si fin.

Ici, au milieu de la lumière ténébreuse
Gisait, immobile, un cadavre vivant,
Là-bas, au fond de l’obscurité lumineuse
Il vit disparaître son esprit mourant.

Des gouttes incolores de regret
Perlèrent au coin de ses paupières,
Il se souvint qu’elle était, si près
Ses larmes se figèrent et se gelèrent.

Il la revit, souriant aimablement
Durant leur dernière triste entrevue,
Il la réentendit, parlant tendrement
Pour soulager sa peine déjà prévue.

Il ressentit, sur son épaule, sa main agréable
Il se rappela la douceur qui en avait émané,
Il absorba avidement son odeur inoubliable,
Ce mélange de fleurs fraîches et de roses fanées.

Amené à la réalité après ces souvenirs,
Il regarda devant lui, il n’aperçut que le noir.
A la vue de ce désert, il se sentit défaillir
Elle était partie, il refusait de le croire.

Il avança sa main afin qu’il pût la toucher
Elle se tendit sans heurter aucun obstacle,
Il bougea son pied pour qu’il pût marcher
Ses os craquèrent comme lors d’une débâcle.

Il sut que la souffrance allait toujours l’escorter
Et la vit s’approcher puis solliciter l’aide de Dieu
Afin qu’il pût, avec courage, supporter
La hantise du seul mot qu’elle devait prononcer: Adieu.

by Rita El Khoury

Comments (0)

There is no comment submitted by members.